La mentalité kabyle & qui était Mohamed SAÏL ?

La mentalité kabyle & qui était Mohamed SAÏL ?
A maintes occasions, j'ai parlé dans ces colonnes du tempérament libertaire et individualiste caractérisé de mes compatriotes berbères d'Algérie. Mais aujourd'hui, alors que la caverne d'Ali Baba d'outre-mer craque et croule, je crois utile d'affirmer, contre tous les pessimistes professionnels ou les rêveurs en rupture de places lucratives que l'Algérie libérée du joug colonialiste serait ingouvernable au sens religieux, politique et bourgeois du mot. Et je mets au défi toutes les canailles prétendant à la couronne d'apporter la moindre raison valable et honnête à leurs aspirations malsaines, car je leur oppose des précisions palpables et contrôlables, sans nier cependant que leur politique a quelque succès quand il s'agit d'action contre le tyran colonialiste.

Il faut voir l'indigène algérien, le Kabyle surtout, dans son milieu, dans son village natal et non le juger sur son comportement dans un meeting, manifestant contre son ennemi mortel : le colonialisme.
Pour l'indigène algérien, la discipline est une soumission dégradante si elle n'est pas librement consentie. Cependant, le Berbère est très sensible à l'organisation, à l'entraide, à la camaraderie mais, fédéraliste, il n'acceptera d'ordre que s'il est l'expression des désirs du commun, de la base. Lorsqu'un délégué de village est désigné par l'Administration, l'Algérie le considère comme un ennemi.

La religion qui, jadis, le pliait au bon vouloir du marabout, est en décadence, au point qu'il est commun de voir le représentant d'Allah rejoindre l'infidèle dans la même abjection. Tout le monde parle encore de Dieu, par habitude, mais en réalité plus personne n'y croit. Allah est en déroute grâce au contact permanent du travailleur algérien avec son frère de misère de la métropole, et quelques camarades algériens sont aussi pour beaucoup dans cette lutte contre l'obscurantisme.
Quand au nationalisme que j'entends souvent reprocher aux AIgériens, il ne faut pas oublier qu'il est le triste fruit de l'occupation française. Un rapprochement des peuples le fera disparaître, comme il fera disparaître les religions. Et, plus que tout autre, le peuple algérien est accessible à l'internationalisme, parce qu'il en a le goût ou que sa vie errante lui ouvre inévitablement les yeux. On trouve des Kabyles aux quatre coins du monde ; ils se plaisent partout, fraternisent avec tout le monde, et leur rêve est toujours le savoir, le bien-être et la liberté.
Aussi, je me refuse à croire que des guignols nationalistes puissent devenir un jour ministres ou sultans dans le dessein de soumettre ce peuple, rebelle par tempérament.

Jusqu'à l'arrivée des Français, jamais les Kabyles n'ont accepté de payer des impôts à un gouvernement, y compris celui des Arabes et des Turcs dont ils n'avaient embrassé la religion que par la force des armes. J'insiste particulièrement sur le Kabyle, non pas parce que je suis moi-même Kabyle, mais parce qu'il est réellement l'élément dominant à tout point de vue et parce qu'il est capable d'entraîner le reste du peuple algérien dans la révolte contre toute forme de centralisme autoritaire.
Le plus amusant de l'histoire, c'est que la bande des quarante voleurs ou charlatans politiciens nous représente le nationalisme d'outre-mer sous la forme d'une union arabe avec l'emblème musulman et avec des chefs politiques, militaires et spirituels à l'image des pays du Levant. J'avoue que le dieu arabe de nos sinistres pantins d'Algérie a bien fait les choses, puisque la guerre judéo-arabe nous révéla que les chefs de l'islamisme intégral ne sont rien d'autre que de vulgaires vendus aux Américains, aux Anglais, et aux Juifs eux-mêmes, leurs prétendus ennemis. Un coup en traître pour nos derviches algériens, mais salutaire pour le peuple qui commence à voir clair.

Pensez donc, un bon petit gouvernement algérien dont ils seraient les caïds, gouvernement bien plus arrogant que celui des roumis, pour la simple raison qu'un arriviste est toujours plus dur et impitoyable qu'un "arrivé" ! Rien à faire, les Algériens ne veulent ni de la peste, ni du choléra, ni d'un gouvernement de roumi, ni de celui d'un caïd. D'ailleurs, la grande masse des travailleurs kabyles sait qu'un gouvernement musulman, à la fois religieux et politique, ne peut revêtir qu'un caractère féodal, donc primitif. Tous les gouvernements musulmans l'ont jusqu'ici prouvé.

Les Algériens se gouverneront eux-mêmes à la mode du Village, du douar, sans députés ni ministres qui s'engraissent à leurs dépens, car le peuple algérien libéré d'un joug ne voudra jamais s'en donner un autre, et son tempérament fédéraliste et libertaire en est le sûr garant. C'est dans la masse des travailleurs manuels que l'on trouve l'intelligence robuste et la noblesse d'esprit, alors que la horde des "intellectuels" est, dans son immense majorité, dénuée de tout sentiment généreux.
Quant aux staliniens, ils ne représentent pas de force, leurs membres se recrutent uniquement parmi les crétins ou déchet du peuple. Car l'indigène n'a guère d'enthousiasme pour se coller une étiquette, qu'elle soit mensongère ou super-fasciste.
Pour les collaborateurs, policiers, magistrats, caïds et autres négriers du fromage algérien, leur sort est réglé d'avance : la corde, qu'ils valent à peine.

Pour toutes ces raisons, mes compatriotes doivent-ils être considérés connue d'authentiques révolutionnaires frisant l'anarchie ? Non, car s'ils ont le tempérament indiscutablement fédéraliste et libertaire, l'éducation et la culture leur manquent, et notre propagande, qui est cependant indispensable à ces esprits rebelles, leur fait défaut
C'est ce pourquoi oeuvrent nos compagnons anarchistes de la fédération nord-africaine.

Mohamed Said - Le Libertaire du 16 février 1951.


http://increvablesanarchistes.org/articles/1945_68/51kabyli_libertair.htm

# Posté le vendredi 03 avril 2009 12:07

Le 1er novembre1954 débutait la guerre d'Algérie qui a longtemps caché son nom.

Le 1er novembre1954 débutait la guerre d'Algérie qui a longtemps caché son nom.



Le 1er novembre1954 débutait la guerre d'Algérie qui a longtemps caché son nom.

Depuis des décennies, les "Algériens d'origine musulmane" luttaient par différents moyens pour obtenir des droits égaux aux " Algériens d'origine européenne", en vains efforts face à la surdité volontaire et à l'aveuglement de ceux qui détenaient tous les pouvoirs. Présentation en termes très simplifiés pour décrire une situation autrement complexe qui ne dit pas la volonté de tout un peuple excédé par l'oppression et qui ne voit plus d'autre issue que de créer sa nation
indépendante.
En ces années 50, la France métropolitaine sommeillait, sortie à peine de la guerre 39-45 ; elle commençait à goûter aux bienfaits de la consommation après des années de restrictions et se souciait peu des événements extérieurs à l'Hexagone.

Que se passait-il en Algérie ?
On ne savait pas trop : rien de bien nouveau en tout cas, semblait-il, et il fallait être un militant bien informé pour le dire. Et encore... Au début, les militants hésitèrent. Pour qui prendre parti ?
D'un côté, les partisans du MNA (Mouvement national algérien) de Messali Hadj, connu, mais en perte de vitesse ; de l'autre, le FLN (Front de libération national) complètement inconnu lors du déclenchement de l'insurrection.
Les différents groupes anticolonialistes qu'ils soient trotskistes ou anarchistes balancèrent un temps pour choisir enfin le FLN après que ce dernier eut exterminé physiquement le MNA lors de luttes
fratricides particulièrement sanguinaires. D'autres ne choisirent pas, et attendirent...
Si ma mémoire n'est pas trop infidèle, et à la mesure des connaissances que j'avais de la situation (j'ai commencé à fréquenter le groupe Sébastien-Faure de la Fédération anarchiste à Bordeaux vers cette période), je dois dire que la Révolution algérienne n'était pas à l'ordre du jour des causeries.
Pour la plupart des gens, militants y compris (est-ce que je me trompe ?), l'Algérie c'était la France.
Créer une nouvelle nation, un nouvel État n'était pas un projet à retenir, sans nier pour autant que la lutte anticolonialiste se révélait nécessaire et juste. Aussi faut-il peut-être saluer une plus fine analyse politique du moment chez les jeunes militants de la Fédération communiste libertaire. Face à eux, les militants légèrement plus âgés de la FA d'alors ne faisaient pas moins preuve de lucidité, ou d'une autre expérience, sur l'avenir d'un mouvement révolutionnaire caractérisé par son nationalisme, une religiosité musulmane affichée, un militarisme à tout crin et une violence extrême.
Comme le rappelle André Devriendt, dans ce journal, la FA de ce temps était à reconstruire, expulsée de ses locaux, privée de son moyen d'expression, le Libertaire, par la FCL ; il faut rappeler sans craindre de se répéter que les militants étaient rares, les jeunes plus rares encore...
"Jeune", je me sentais isolé. Ma préoccupation, alors, n'était pas la guerre coloniale qui se préparait, mais la guerre tout court. Quelle attitude prendre face à l'armée ?
J'étais antimilitariste, tout simplement, et n'envisageais pas un seul instant de revêtir un uniforme quelconque. Ce n'est que plus tard qu'une culture anticolonialiste s'est en quelque sorte rajoutée. Quand j'ai interrogé les membres du groupe de Bordeaux sur la délicate question militaire, je n'ai pas obtenu de réponse qui me satisfasse : la prison risquait d'être interminable (on perdait un militant...) et l'exil problématique.
Le mieux n'était-il pas de "faire son service" en passant entre les gouttes ?
Oui, ma déception fut totale. Aussi, je résolus de me débrouiller sans aide aucune.
À suivre les témoignages de la FCL (vidéo, livres et documents divers), on pourrait penser qu'elle seule (chez les anarchistes) a fait quelque chose de concret durant cette guerre. Je ne nierai pas son action et ses prises de position extrêmement courageuses qui la conduisirent à son anéantissement dès l'été 1956. Mais on risque d'oublier que d'autres libertaires ont continué à lutter, car si la prise de conscience se fit lentement, elle se fit.
Par exemple, en août 1956 se tenait un camping des Jeunes libertaires à Salernes dans le Var.
La plupart se rangeaient, si j'ose dire, dans la tendance qualifiée d'individualiste", catégorie abhorrée par les anarcho-communistes de la FCL. Mais rien n'est aussi simple. C'est lors de ce rassemblement que fut organisé, à ma connaissance, le premier réseau anarchiste pour faire passer en Suisse insoumis, déserteurs et autres rappelés par la guerre d'Algérie.
J'y étais... mais je n'en sus rien, malgré mon intérêt certain : la discrétion était de rigueur ! Par mes propres moyens, j'arrivai à Genève en octobre où je retrouvai Pietro Ferrua participant de ce camping et, sur-le-champ, j'eus la charge de la caisse de solidarité.
Très rapidement aussi, les premiers réfractaires pointèrent leur nez à la frontière.
À Genève, l'aide venait également de pacifistes suisses, de quakers, de socialistes, de la Ligue des droits de l'homme, et même d'un ancien déserteur de la guerre 14-18.
Le groupe anar de Genève, à la moyenne d'âge très élevée, fit alors peau neuve. De son côté, André Bösiger, militant très actif du groupe genevois, était en contacts réguliers avec le groupe de Macon qui avait fait scission d'avec la FCL et qui travaillait directement, me semble-t-il, avec le FLN. J'eus souvent le plaisir de rencontrer cette équipe à la bonne humeur débordante. Le réseau Jeanson et le " sous-réseau " Jeune Résistance fréquentaient par ailleurs les divers locaux et logis des Genevois du moment. Je me souviens d'un magnifique couscous dégusté dans le logement de Pietro, où j'habitais alors, avec la présence de Francis Jeanson, de Robert Davezies, de Jean-Louis Hurst et d'autres dont les noms m'échappent. Je ne garantis pas que les règles du cloisonnement qu'impliquait la clandestinité étaient bien respectées. Quelques insoumis, et leurs compagnes, travaillèrent alors avec Jeune Résistance.

En 1960, je partis en Belgique, où j'ai pu constater, là aussi, que la lutte anticolonialiste se menait sur deux fronts : par l'aide directe au FLN (aide toujours critique, mais aide quand même) et par une solidarité totale avec les insoumis, déserteurs et réfractaires.
À Bruxelles, le " groupe de soutien " se composait de chrétiens, de francs-maçons, de libertaires (dont un insoumis de la guerre 39-45), tous entretenant entre eux des rapports d'amitié.
C'est à Bruxelles (fin 1960-début 1961) que je pris contact avec l'Action civique non violente qui depuis peu se solidarisait " physiquement " avec les jeunes qui refusaient cette guerre coloniale. Je décide de revenir clandestinement en France et de me constituer prisonnier, publiquement, lors d'une action collective organisée par l'ACNV. L'action consistait pour des adultes à peine plus âgés qu'un réfractaire à adopter son identité, partager son arrestation, son emprisonnement et à ne le quitter que, contraint et forcé, lorsque les autorités avaient enfin déniché le "bon" parmi les "mauvais". Mais l'action ne s'arrêtait pas là, elle se maintint jusqu'à la fin de la guerre.
Et c'est une longue histoire. Simple souvenir... Quand, m'apprêtant à suivre deux gendarmes qui déclinaient mon nom et me réclamaient, je vis six gaillards se lever comme un seul homme pour suivre les pandores et déclarer porter mon nom ! (le rappel de ce geste provoque toujours en moi une émotion forte).
Les gendarmes, ce jour-là, repartirent les mains vides. Il était loin le temps où on me conseillait de me faufiler entre les gouttes.
Des amis engagés dans la lutte menée par l'Action civique non violente durant la guerre d'Algérie et qui font actuellement un travail sur cette période écrivent qu'entre 1952 et 1962, il y eut 470 objecteurs condamnés, 300 à 400 insoumis et déserteurs engagés sur 3 000 à 4 000 réfractaires officiellement dénombrés ".
Tout ça sur 2 000 000 d'appelés qui ont participé à cette guerre.

Oui, nous étions une minorité.
Souvent, depuis, des proches m'ont demandé :
Mais qu'ont-ils fait, durant cette période, les libertaires en âge de partir en Algérie ?
La réponse, je la connais un peu.
Et alors ? Ce n'est pas à moi d'en juger.
N'empêche ! Je pense quelquefois que si avec untel et avec tel autre, militants très connus, et avec d'autres encore, nous avions pu unir nos efforts, faire face ensemble...
Mais de là à donner des leçons ? Non !
À d'autres ce soin...

André Bernard
le Monde libertaire février 2003

# Posté le vendredi 03 avril 2009 12:13

Le sol de l'Algérie est riche

Le sol de l’Algérie est riche
LE CENTENAIRE DE LA CONQUETE DE L'ALGERIE

mardi 2 novembre 2004

Le centenaire de la conquête de l'Algérie

La Voie libertaire n°30. 21 septembre 1929.

Le gouvernement et la bourgeoisie française célébreront, l'an prochain, le centenaire de la conquête de l'Algérie. Nous verrons, à cette occasion, les patriotes et les chauvins de tout acabit s'en donner à c½ur joie ; les folliculaires appointés des grands bourreurs de crânes proclameront, en de massives colonnes, les vertus civilisatrices de la France.

Que nous a donc apporté cette France si généreuse dont les lâches et les imbéciles vont partout proclamant la grandeur d'âme ?

Interrogez un simple indigène, tâchez de gagner sa confiance. L'homme vous dira de suite la lamentable situation de ses frères et l'absolue carence de l'administration française devant les problèmes d'importance vitale.

La presque totalité de la population indigène vit dans la misère physique et morale la plus grande. Cette misère s'étale largement. Dans les villes d'Algérie, ce ne sont, la nuit venue, que gens déguenillés couchés sous les arcades, sur -le sol. Dans les chantiers, les mines, les exploitations agricoles, les malheureux indigènes sont soumis à un travail exténuant pour des salaires leur permettant à peine de se mal nourrir.

Commandés comme des chiens par de véritables brutes, ils n'ont pas même la possibilité de recourir à la grève, toute tentative en ce sens étant violemment brisée par l'emprisonnement et les tortures. N'ayant aucun des droits de citoyen français, soumis à l'odieux et barbare code de l'indigénat, les indigènes sont traînés devant des tribunaux répressifs spéciaux et condamnés à des peines très dures pour des peccadilles qui n'amèneraient, dans la métropole, qu'une simple admonestation.

Toute presse indigène étant interdite, toute association étant vite dissoute, il ne subsiste, en Algérie, aucune possibilité de défense pour les malheureux indigènes spoliés et exploités avec la dernière crapulerie qui puisse exister. 1

Ils sont astreints à un service militaire de deux ans, car ils constituent, pour les boucheries guerrières, un appréciable réservoir de chair à canon. Pendant la - guerre du droit », un grand nombre d'entre eux furent immolés à la victoire de cette France qui est bien pour eux la plus épouvantable des marâtres.

Avec des crapuleries les plus basses, le gouvernement français a anéanti toutes les écoles indigènes du pays, les remplaçant par des écoles françaises en nombre, ridiculement insuffisant. Des douars comportant de nombreux villages, comptant des milliers et des milliers d'individus, sont entièrement privés d'enseignement. La généralité des femmes vivent dans l'ignorance absolue. Le résultat de cette politique ignoble est, dans les masses algériennes, une ignorance de bêtes de somme, ignorance voulue et entretenue par l'administration française.

Civilisation, n'est-ce pas ! Oh, lâches gouvernants ! L'agent de cette administration, auprès des indigènes, est un sinistre individu nommé caïd, individu méprisable, mouchard, il achète sa charge de policier et exerce une véritable terreur sur ses malheureux compatriotes. Canaille vénale, le caïd est toujours à vendre. Malheur à celui qui, ayant commis une faute légère, ne peut acheter son silence ! Malheur à l'indigène qui n'a pas l'heur de lui plaire ! Il fera connaissance avec les tribunaux d'exception, tôt ou tard.

La colonisation française aurait-elle apporté le progrès technique en Algérie ? Elle y a construit une seule ligne de chemin de fer, avec une seule voie. Dans la presque totalité de la colonie, les indigènes sont obligés, pour se déplacer, d'accomplir des marches longues et pénibles. Dans les campagnes, il n'y a point de service postal pour les indigènes ; ces derniers doivent, s'ils veulent entrer en possession d'une lettre ou d'un colis, perdre plusieurs jours pour aller à la ville et s'en retourner. Les routes, les ponts sont très rares, et les indigènes payent des impôts écrasants.

Beau progrès, vraiment !

Le sol de l'Algérie est riche, et les industriels et gros commerçants français rapaces, sans scrupules. Ils n'ont pas hésité à détruire complètement la civilisation algérienne, jadis florissante, parcelle de la grande civilisation musulmane. Ils ont mis à la place l'oppression féroce, l'arrogance, la misère, la mort. Leur civilisation !

Inaugurée par un vol pur et simple - le refus de la France de payer une livraison de blé - la conquête de l'Algérie ouvrit, pour la bourgeoisie française, une ère de banditisme colonial qui n'est point close.

Donc, pour votre cynique parade, Messieurs les bourgeois et vos valets de tous poils, et malgré la haute prétention du napoléonet Chiappe qui espère museler les « subversifs » coloniaux, le groupe anarchiste algérien est décidé à démontrer à l'opinion publique vos crimes, vos ignominies que vous voulez baptiser du mot « civilisation ».


CNT International Clic ici

# Posté le vendredi 03 avril 2009 23:50

Faut-il frôler la mort pour réclamer nos droits ?

Faut-il frôler la mort pour réclamer nos droits ?




Faut-il frôler la mort pour réclamer nos droits ?


Le 11 février 2009 est un jour ordinaire pour les uns mais fatidique pour les autres. En effet, ce jour-là, pendant que certains préparent leurs cadeaux de la Saint-Valentin, cinq étudiants entament une grève de la faim illimitée, dans le minuscule local de l'Union Générale des Etudiants de la Tunisie (UGET) réclamant leur droit à l'éducation et leur réintégration à leurs universités après avoir été exclus suite à leurs activités syndicales.

Qui sont ces militants grévistes ?

- Mohamed Soudani : étudiant en 1ère année économie, exclu de la faculté de Mahdia au cours de l'année universitaire (2006-2007)
- Aymen jaabiri : étudiant en 1ère année économie, exclu de la faculté de Mahdia au cours de l'année universitaire (2006-2007)
- Mohamed Boualleg : étudiant en 3ème année droit, exclu de la faculté de Tunis au cours de l'année universitaire (2007-2008)
- Taoufic Elouati : étudiant en 2éme année mathématique et informatique, exclu de la faculté des sciences de Tunis au cours de l'année universitaire (2007-2008)
- L'étudiant Ali Bouzouzia participe également à la même grève par solidarité
- Le 22 mars, Chedli Krimi, étudiant exclu lui aussi depuis 2004 pour les mêmes raisons que ses camarades, a rejoint la grève, peu de temps après sa sortie de prison.
Il est important notamment de souligner que les grévistes ont été, à maintes reprises, victimes d'enlèvements et d'arrestations abusives et arbitraires et inculpés de fausses accusations par la police politique : deux d'entre eux attendent leur procès prochainement.

Le rapport médical :

Après prés de deux mois d'obstination, les grévistes n'ont quitté le local de l'organisation, sis à 19 rue de Naplouse à Tunis, que pour être transportés d'urgence à l'hôpital. Les membres du comité médical examinant les militants ont certifié la gravité et la sévérité de leurs troubles cliniques et ont appelé à l'arrêt immédiat de cette grève afin d'éviter des complications irréversibles voire la mort.
Le centre médical a même recommandé fermement le transfert immédiat de tous les grévistes dans une structure de soins.

L'inscription ou la mort :

Persévérance, acharnement et ténacité : voilà trois mots qu'on peut associer à ces étudiants devenus désormais des figures emblématiques de la lutte estudiantine. En dépit de la transparence du rapport médical, les grévistes persistent à continuer leur grève de la faim en levant le slogan : L'inscription ou la mort.

L'insensibilité du gouvernement :

Malgré la gravité de la situation et l'ampleur qu'a pris cet événement tant qu'à l'échelle nationale qu'internationale (des communiqués de soutien ont survenu aux grévistes depuis les Etats-Unis, la France, le Suède, le Liban..), les autorités tunisiennes s'obstinent à ignorer ces étudiants et le ministère fait toujours la sourde oreille sur cette affaire malgré la simplicité des revendications. En revanche, on remarque la présence en force de la police qui assiège le lieu de la grève 24h/24.



Je conclus cet article par une citation du Che Guevara : « Nous pouvons douter de tout sauf de notre devoir d'être toujours aux côtés des humiliés qui luttent ». La requête de ces êtres humains, parce qu'ils sont des être humains en train de mettre leur vie en péril, avant d'être des militants, est claire comme le jour : Leur droit à l'éducation !!
L'état de santé de ces jeunes gens est vraiment très grave. Faut-il côtoyer la mort pour être entendu ? Faut-il vraiment en arriver là ?!!!

# Posté le lundi 06 avril 2009 17:16